Hellboy vol. 11: The Bride of Hell and Others

Le 23.01.12 à 14:34:33 par Franck Email
Auteur(s) : Mike Mignola, Richard Corben, Scott Hampton, Kevin Nowlan
Editeur : Dark Horse
La note : A-

Le pitch : Quelques courtes aventures d'Hellboy à différentes époques de sa vie d'agent du B.P.R.D.

L'avis : La suite du destin d'Hellboy mettant bien du temps à venir, Mignola nous propose après The Crooked Man and Others une deuxième compilation d'histoires courtes. Les fans de la série s'impatienteront peut-être, mais, personnellement, je ne me plaindrai pas, car c'est du matériel de bonne qualité.

L'ouvrage démarre avec l'histoire de la rencontre entre Hellboy et des catcheurs mexicains tueurs de monstres. Ça a l'air loufoque dit comme ça, mais l'épisode se révèle tragique et finalement assez touchant. Au dessin, on retrouve Richard Corben, toujours aussi à l'aide dans sa collaboration avec Mignola. C'est d'ailleurs l'illustrateur principal de ce tome, puisqu'il officie aussi sur trois autres histoires, moins réussies, mais somme toute tout à fait distrayantes.

L'histoire la plus longue, initialement une mini-série en deux épisodes, met en scène Hellboy face à des vampires, monstres qu'on a finalement pas trop l'habitude de rencontrer chez Mignola. Là encore, très belle collaboration avec Scott Hampton dont le style colle parfaitement à l'intrigue.

Reste deux morceaux pour conclure. Tout d'abord, Mignola reprend les crayons pour une histoire de 8 pages publiée sur le site web de USA Today, donc à destination de lecteurs totalement étrangers à l'univers d'Hellboy. Autant dire qu'il n'y a rien de substantiel et d'original à attendre de cet exercice promotionnel, mais ça se lit bien tout de même. En guise de conclusion, Mignola nous offre au contraire un scénario atypique dans lequel Hellboy se retrouve à castagner des extra-terrestres fans d'expérimentations sur l'homme (sonde rectale y compris). On est très clairement dans le domaine de la parodie et c'est surtout l'occasion de revoir le trop rare Kevin Nowlan au dessin.

Au final, les scénarios sont de qualités inégales, mais jamais médiocres, et, côté dessin, c'est un pur plaisir de lecture. Dans ces conditions, je peux bien patienter encore pour le retour de la série régulière.

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Green Wake vol. 1

Le 19.01.12 à 22:27:54 par Franck Email
Auteur(s) : Riley Rossmo, Kurtis J. Wiebe
Editeur : Image Comics
La note : B+

Le pitch : Enquête autour d'une série de meurtres dans une étrange ville où personne ne sait comment et pourquoi il est arrivé là. Tout ce que les habitants savent, c'est qu'ils ne peuvent la quitter et qu'elle les transformera progressivement en créature mi-homme, mi-batracien.

L'avis : Prenez un duo d'enquêteurs qui ont toujours un coup de retard sur le meurtrier qu'ils poursuive, une grosse pincée de Lost, une petite touche de Hellboy et badigeonnez de gros gore qui tâche, ça vous donne Green Wake. On a donc tout un ensemble d'ingrédients bien reconnaissables qui, une fois mélangés, donne un concept somme toute plutôt original. L'histoire se lit fort bien, malgré un script parfois maladroit, mais c'est surtout l'ambiance générale qui est très réussie. Elle doit beaucoup à Riley Rossmo qui offre une prestation différente de celle vue dans Proof et Cowboy Ninja Viking, tout en gardant un style qui lui est propre. Cette fois, il illustre de pures scène d'épouvante dans un environnement de nuit et de pluie perpétuelles, avec toujours autant de punch. Ca m'a clairement donné envie de lire la suite, en espérant que le soufflé du mystère qui entoure le lieu ne retombe pas.

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The Unwritten vol. 4: Leviathan

Le 17.01.12 à 14:36:26 par Franck Email
Auteur(s) : Mike Carey, Peter Gross, Vince Locke, Al Davison
Editeur : DC / Vertigo
La note : A

Le pitch : Tom cherche à comprendre quel est la source de ses pouvoirs. Cela passe par la visite de Moby Dick, le roman d'Herman Melville.

L'avis : Après un excellent troisième tome qui a vraiment lancé la série, The Unwritten ne déçoit pas. Le début de l'histoire s'inscrit dans la ligne droite du tome précédent : Tom, Liz et Savoy prennent la route pour chercher à comprendre qui est réellement Tom. L'accent est porté sur chacun des personnages et sur leurs relations. Une nouvelle ennemie assez terrifiante est également introduite. Puis, Tom quitte le monde réel pour aller explorer Moby Dick et au-delà. Le scénario est nettement plus barré à partir de ce point. Les références à la littérature classique sont nombreuses, tout en restant très accessibles. Côté dessin, le monde réel est entièrement pris en charge par Peter Gross dans le style qu'on lui connait. Pour les flashbacks et les séquences littéraires, Gross ne fournit que les esquisses et c'est Vince Locke qui termine les crayonnés et fait l'encrage. Le contraste est très net et sert parfaitement bien l'histoire. Le dernier épisode est à part. On retrouve Pauly Bruckner, le lapin enfermé dans un monde de fables par le père de Tom, qu'on avait déjà vu à la fin du tome 2. Faute de savoir pour l'instant quel est la place du personnage dans l'histoire, l'épisode paraît complètement déconnecté du reste de l'ouvrage et pourrait être comparé à une espèce d'épisode trash de Fables. Il n'en est pas moins passionnant, d'autant que Gross collabore cette fois avec Al Davison et que le résultat est splendide. Bref, The Unwritten est sans conteste une des meilleures séries du moment, à ne rater sous aucun prétexte.

Pour voir : Aucune preview dispo pour ce tome, mais quelques sympathiques planches de travail de la collaboration Gross-Davison
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Blue Estate vol. 1

Le 10.01.12 à 21:45:15 par Franck Email

Le pitch : Un détective privé à deux balles, un acteur de film d'action produits par la pègre, sa femme alcoolique qui lui piquerait bien son fric, une strip-teaseuse tatouée, des truands, du genre qui ne font pas dans la dentelle, tout ça pour un cocktail qu'on devine explosif.

L'avis : Sur la quatrième de couverture, la comparaison entre Blue Estate et les films de Tarantino est faite. Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas être d'accord, tellement les deux approches sont similaires. Blue Estate est un polar noir à la sauce moderne. Le scénario met en place individuellement une large galerie de personnages haut en couleur, à la limite de la caricature parfois, avant de les faire converger vers un dénouement commun. Le rythme est soutenu, les dialogues percutants et le niveau de violence très élevé. Ajouter à ça une pointe de sexualité et vous avez peu ou prou la recette de Pulp Fiction. Les scénaristes sont peut-être un peu moins virtuoses, mais ils s'en sortent très bien tout de même. Cela dit, ce tome 1 n'est qu'une introduction. Il est encore difficile de deviner comment tout cela va converger et avec quelle satisfaction pour le lecteur.

Côté dessin, l'expérience n'est pas inintéressante non plus puisqu'il s'agit d'un travail à plusieurs mains, où chacun des dessinateurs passe le relai à chaque changement de scène. Viktor Kalvachev, que je ne connaissais pas et qui semble particulièrement à l'aise pour dessiner de jolies jeunes femmes tout en sex-appeal, s'est entouré de deux collaborateurs principaux, le très bon et trop rare Toby Cypress, ainsi que Nathan Fox, qui comme sur DMZ me laisse une impression mitigé (un peu trop brouillon pour moi, dans le trait comme dans la narration). Robert Valley et Paul Maybury complètent la palette d'artistes, même si on les voit moins à l’œuvre. Les cinq dessinateurs ont des styles assez différents, mais pas antagonistes et Viktor Kalvachev uniformise le tout par sa mise en couleur. Au final, l'exercice est là aussi plutôt réussi.

Blue Estate est donc un polar prometteur que je recommande. Personnellement, je ne suis pas sûr de lire la suite, étant dans une période de restriction d'achat, le temps de rattraper mon retard de lecture, mais c'est avec regret. Peut-être lorsque la parution sera achevée, si j'entends dire que la conclusion vaut le détour...

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B.P.R.D. Hell on Earth: New World

Le 07.01.12 à 23:07:04 par Franck Email
Auteur(s) : Mike Mignola, John Arcudi, Guy Davis
Editeur : Dark Horse
La note : A

Le pitch : Après leur victoire sur les monstres grenouilles et maintenant sous la tutelle des Nations Unies, le B.P.R.D. affronte une nouvelle menace.

L'avis : Le dernier tome de B.P.R.D. a conclu ce que Mignola décrit comme le premier (gros) volume de la série. Exit la menace grenouille et en avant vers un nouvel horizon qui pourrait bien être l'apocalypse sur terre. La série se voit donc affublé d'un titre rallongé et se déclinera maintenant comme une série de mini-série (plus de numérotation continue, donc). Tout cela ressemble plus à un coup marketing qu'autre chose, car ne pensez pas qu'il s'agisse d'un reboot accueillant pour les nouveaux lecteurs.

En effet, l'histoire fait intensément référence à ce qui a précédé. On peut même dire que le scénario consiste à remettre sur le devant de la scène tout un ensemble d'intrigues qui étaient devenues secondaires. Et, franchement, c'est une très bonne chose, car ces intrigues sont toutes centrées sur les personnages. Après les bastons à grande échelle des derniers tomes, B.P.R.D. revient aux fondamentaux qui ont fait son succès : de l'horreur fantastique qui fait la part belle à la psychologie de ses personnages. Johann et son corps perdu, Tanya et ses motivations insondables, la relation tendue entre Abe et Devon, plus un nouveau personnage (le gars de l'O.N.U.) et un revenant dont j'attendais le retour avec impatience (non, ce n'est pas Hellboy). Chacun a ses moments et Arcudi s'avère une fois encore un maître de la narration en jonglant avec les différentes intrigues. Beaucoup de psychologie, donc, mais l'action et les gros monstres ne sont pas oubliés. A noter une scène de course poursuite en bagnole super efficace. Là encore, Arcudi excelle, toujours admirablement servi par Guy Davis.

Bref, vous l'aurez compris, B.P.R.D. ne faiblit pas d'un iota. Ils peuvent bien changer le titre et renuméroter comme ils veulent, tant que ce niveau de qualité est maintenu, j'en serai.

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